Le système d'écriture - partie 1
Les alphabets
04/02/2007
J'en ai parlé récemment et comme je suis en plein dans les cours, je crois c'est la meilleure période pour parler de la langue japonaise, non ? Alors voici une petite présentation du système d'écriture japonais réputé si complexe, à juste titre d'ailleurs, mais aujourd'hui je commence par les choses simples.
Avant de continuer, je précise que mon but n'est pas de faire un cours de japonais en ligne, mais juste de présenter quelques principes généraux.
Contrairement à une idée reçue, le japonais n'est pas difficile à prononcer pour un français puisque notre alphabet nous permet de prononcer quasiment tous les sons du japonais, et les seuls qui manquent ne sont pas difficiles à maîtriser. La réciproque n'est clairement pas vraie et c'est pourquoi les japonais ont énormément de mal avec la prononciation de la plupart des langues étrangères, aussi si vous croisez un japonais qui parle français ou anglais avec un bon accent, vous pouvez lui tirer votre chapeau.
En revanche, l'écrit est une autre paire de manches...Le japonais comporte deux alphabets de 46 caractères chacun ainsi qu'un jeu d'idéogrammes appelés kanji, au nombre de plusieurs milliers. Commençons par le plus simple, c'est-à-dire les alphabets.
Chacun des 46 caractères représente un son (par exemple ta, shi, ko,...). De plus, certains caractères peuvent être altérés en ajoutant un petit symbole, par exemple は(ha) peut devenir ば(ba) ou ぱ(pa) et il y a également des diphtongues, donc au total on doit avoisiner les 80 sons élémentaires, ou atomiques. Ca peut sembler beaucoup mais comparons un instant avec le français. Notre alphabet ne comporte certes que 26 lettres mais avec les accents, diphtongues, triphtongues et les nombreuses combinaisons possibles de consonnes et voyelles, on explose largement les 80 sons, sans compter ceux qui ne sont pas utilisés en pratique en français mais qu'on est capable de prononcer. En comparaison, dîtes-vous bien qu'un japonais se sait prononcer que ses malheureuses 80 et quelques syllabes...
Voici les deux alphabets. Les hiragana :

Et les katakana :

Je ne mets pas les prononciations, mon but n'est pas de faire un cours, remarquez juste que graphiquement les hiragana sont plutôt courbes et les katakana plutôt angulaires. Le point sur lequel je veux insister ici, c'est que les deux alphabets comportent exactement les mêmes sons, ils sont simplement écrits de manières différentes. Je vous vois venir, vous allez forcément me demander pourquoi un unique alphabet ne suffisait pas...
En fait c'est tout simple, les hiragana servent à écrire les mots japonais alors que les katakana servent à transcrire phonétiquement les mots d'origine étrangère : mots importés de diverses langues (anglais, français, allemand, néerlandais, portugais principalement) et noms propres. Evidemment, devant le faible nombre de katakana (donc de syllabes) disponibles, les prononciations d'origine sont souvent fortement déformées...en effet, même si les katakana autorisent un peu plus d'altérations, donc plus de sons, que les hiragana, c'est pas encore ça.
Allez, je ne résiste pas à l'envie de faire un petit quizz. Celui ou celle qui trouve gagnera toute mon estime, évidemment les japonisants, surtout titulaires du 2-kyuu (n'est-ce pas Romain ?) sont priés de ne pas répondre. Le principe est simple : je liste des mots importés écrits en katakana avec leur prononciation et vous retrouvez les mots d'origine. J'ai choisi des mots d'origine française, anglaise et allemande. Vous êtes prêts ? Go !
1) アルバイト : prononcer aloubaïto
2) フォーク : prononcer fookou ("oo" représente un "o" allongé)
3) スナック : prononcer sunakkou (le double "k" indique qu'il y a une très courte pause à marquer entre "a" et "kou")
4) アパート : prononcer apaato ("aa" = "a" allongé)
5) メートル : prononcer méétolou (rebelote pour le "éé"...)
6) グルメ : prononcer gouloumé
7) コロッケ : prononcer kolokké ("kk" = courte pause entre le second "o" et "ké")
8) ラブレーター : prononcer labouléétaa
9) クレ-プ : prononcer kouléépou
10) カロリー : prononcer kalolii
Avec seulement les katakana, on peut déjà comprendre un certain nombre de choses dans la rue, dans les boutiques ou restaurants. Bien sûr ça suffit pas pour être autonome mais ça peut dépanner et perso, je pense qu'apprendre les katakana peut dans une certaine mesure aider les touristes qui ne parlent pas japonais. Ceci dit, le plus dur n'est pas de lire, mais ensuite de retrouver le mot d'origine en partant de la prononciation à la japonaise...même avec un peu de pratique, il reste des occasions où c'est difficile à deviner...
Comme vous avez tout bien suivi jusqu'ici, vous devez vous dire que, vu que les hiragana servent à écrire les mots japonais et les katakana les mots d'origine étrangère, ça devrait suffire...alors à quoi servent les milliers d'infâmes kanji que j'ai évoqués plus haut ? Réponse au prochain numéro !...
Catégorie : Langue japonaise
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